Syndrome de Rebecca : Quand le fantôme de l’ex hante votre couple (Une approche Gestaltiste)

Syndrome de Rebecca

Vous arrive-t-il de vous réveiller au milieu de la nuit, le cœur battant, hanté(e) par des images d’une personne que vous n’avez peut-être jamais rencontrée : l’ex de votre partenaire ? Scruterez-vous ses réseaux sociaux à la recherche de preuves que « c’était mieux avant » ? Avez-vous l’impression d’être, en permanence, le « second choix » dans votre propre histoire d’amour ?

Si vous vous reconnaissez, vous souffrez peut-être de ce que l’on appelle le Syndrome de Rebecca, ou jalousie rétroactive.

Contrairement à la jalousie classique, qui craint un rival présent, le syndrome de Rebecca est une lutte épuisante contre un fantôme. En tant que Gestalt-thérapeute intégratif, je reçois de nombreux patients enfermés dans cette spirale. Pourtant, ce symptôme n’est pas une fatalité : c’est un message que votre psyché vous envoie.

Voici comment la Gestalt-thérapie permet de comprendre et de dépasser cette obsession pour retrouver le chemin de la relation réelle.

 

1. Une perturbation du cycle « Fond / Forme »

 

En Gestalt, nous observons comment nous percevons le monde. Dans une relation saine, votre partenaire et votre amour actuel constituent la « Figure » (ce qui est net, important, au premier plan), tandis que les passés respectifs sont le « Fond » (l’arrière-plan flou qui soutient l’expérience).

Dans le syndrome de Rebecca, ce processus s’inverse brutalement. L’ex-partenaire, pourtant absent physiquement, devient la Figure obsédante. Il ou elle prend toute la place mentale. Votre partenaire réel, lui, est relégué au second plan, flouté par vos angoisses. Le résultat ? Vous n’êtes plus en contact avec la réalité de votre couple, mais en relation avec une image fantasmée. Vous ne vivez plus dans votre chambre à coucher, mais dans un musée imaginaire des amours passées de l’autre.

 

2. Le mécanisme de la Projection : Ce que l’Ex dit de vous

 

Pourquoi cet(te) ex semble-t-il si parfait(e), si drôle, si intelligent(e) ou si doué(e) sexuellement ? En thérapie intégrative, nous comprenons que l’ex n’est souvent qu’un écran de projection.

Vous projetez sur cette figure absente votre propre Idéal du Moi. Si vous êtes obsédé(e) par l’intelligence de l’ex, c’est peut-être votre propre sentiment d’insécurité intellectuelle qui parle. Si vous êtes obsédé(e) par sa liberté sexuelle, c’est peut-être votre propre désir de liberté que vous n’osez pas vous approprier.

Le travail thérapeutique ne consistera pas à dénigrer l’ex, mais à réintégrer ces projections. Ce que vous admirez (et jalousez) chez l’autre, c’est une partie de vous-même laissée en friche qui demande à être cultivée.

 

3. Une fuite de l’Ici et Maintenant

 

Le paradoxe du syndrome de Rebecca, c’est qu’il agit comme une formidable distraction. C’est ce que nous appelons une déflexion.

Tant que vous dépensez une énergie folle à enquêter sur le passé (les vacances de 2018, les cadeaux offerts, les mots d’amour), vous évitez de ressentir l’angoisse du présent. S’investir dans une relation actuelle comporte un risque : celui d’être vulnérable, d’être aimé pour de vrai, ou d’être déçu aujourd’hui. Le fantôme du passé est douloureux, mais il est « sécurisant » car il est figé : l’histoire est finie, elle ne changera plus.

Le syndrome est souvent une tentative inconsciente de ne pas s’engager pleinement dans la frontière-contact avec le partenaire actuel, par peur de l’intimité réelle.

 

4. L’approche Intégrative : Soigner les racines

 

La Gestalt-thérapie Intégrative prend en compte l’être dans sa globalité, y compris ses blessures d’attachement. Souvent, ce syndrome réactive des « Gestalts inachevées » (des situations du passé non résolues) :

  • Une rivalité fraternelle où vous ne vous sentiez pas le « préféré ».

  • Un parent qui vous comparait sans cesse.

  • Des introjects (croyances avalées tout rond) tels que : « Je ne suis pas assez bien », « Si je ne suis pas le premier, je ne suis rien ».

Le « rival » d’aujourd’hui n’est souvent que l’écho d’une blessure ancienne qui n’a pas été cicatrisée.

 

Comment la thérapie peut-elle vous aider ?

 

Sortir du syndrome de Rebecca ne se fait pas en « arrêtant d’y penser » (ce qui est impossible), mais en changeant votre manière d’être au monde. En séance, nous travaillons sur :

  1. Le retour au corps : Quitter la « tête » (où se font les comparaisons mentales) pour revenir au « sentir ». Que se passe-t-il dans votre ventre, votre gorge, quand la jalousie monte ?

  2. La restauration de la Frontière-Contact : Apprendre à différencier ce qui est à l’autre (son passé lui appartient) et ce qui est à vous (votre relation présente).

  3. Le travail sur le vide fertile : Apprendre à tolérer l’incertitude et le vide sans avoir besoin de le combler par des ruminations sur le passé.

  4. L’assimilation : Aider votre partenaire et vous-même à « digérer » le passé pour qu’il devienne un terreau fertile pour votre relation, et non un poison.

Votre couple mérite mieux que de vivre à trois avec un fantôme.

Si vous vous sentez prêt(e) à explorer ce qui se joue pour vous derrière cette jalousie, et à transformer cette souffrance en une opportunité de mieux vous connaître, la Gestalt-thérapie offre un espace sécurisant et bienveillant pour le faire.

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